Marie-Madeleine a perdu son titre de sainte, tout comme son auréole. Vous ne la représentez pas à genoux , en pleurs, ni se coupant les cheveux, ni renonçant aux bijoux ou aux fioles de parfums, ni méditant devant un crane, comme c'est la tradition...
Mais allongé et dévêtue, nue comme venus qui vient de sortir de la mer. Elle a quitté la tête de la procession qui continue sans elle, pour faire une pause et elle pose . Ainsi les saints ont-ils abandonné et déserté aujourd'hui une religion où ils n'ont plus de culte. La sainte retourne à son passé païen: elle a retrouvé ses bracelets et ses longs cheveux de pécheresse, étendue toute nue sur une étoffe luxueuse toute parsemée de coquilles saint-Jacques, qu'on appelait avant la christianisation ' peignes de Vénus' !...
Cependant Marie-Madeleine, désacralisée, nue, détourne la tête de la procession (et du culte chrétien ) et nous regarde: elle s'adresse à nous et nous invite à la célébration des corps sans remord, au culte païen des plaisirs amoureux oublieux des péchés de luxure (condamnée par l'église), à l'hédonisme, tant célébré par notre civilisation nouvelle...